La force d’une alimentation végétale

Par Adventiste Magazine

Les athlètes de la Grèce antique consommaient de grandes quantités de viande, convaincus que leurs performances dépendaient des protéines animales qu’elle contenait. Cette idée a été fortement soutenue, au XIXᵉ siècle, par le chimiste et physiologiste Justus von Liebig, qui affirmait que les protéines étaient la principale substance nécessaire à la construction musculaire.

Bien que la théorie de Liebig ait été remise en question dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle par le chimiste américain Wilbur Olin Atwater, cette idée persiste encore aujourd’hui. Beaucoup de sportifs restent persuadés qu’un apport généreux en protéines est la clé pour augmenter la force et maintenir la masse musculaire.

De nombreux athlètes véganes ont une masse musculaire impressionnante

De nombreux athlètes de haut niveau dans le monde ont obtenu des résultats remarquables sans inclure de produits d’origine animale dans leur alimentation. Un régime végan soigneusement planifié, avec une gestion adéquate des nutriments essentiels, peut convenir aussi aux sportifs. Aucune différence de performance physique n’a été observée entre ceux qui suivent un régime à base de plantes et ceux qui suivent un régime omnivore.

Une alimentation incluant des produits végétaux riches en antioxydants protège des effets négatifs des radicaux libres, contribuant à prévenir le vieillissement prématuré et certaines maladies. Cela favorise la récupération des athlètes après l’entraînement et les aide à rester en bonne santé. Les végétariens doivent toutefois être conscients que leurs taux de créatine peuvent diminuer, alors que la créatine est nécessaire à la production rapide d’énergie lors d’activités comme le sprint. Bien que les compléments de créatine soient disponibles et sûrs s’ils sont utilisés correctement, une alternative consiste à consommer des aliments tels que les graines, les fruits à coque, les céréales complètes et les légumineuses, qui contiennent les acides aminés arginine et glycine, facilitant la synthèse de créatine dans l’organisme.

Des régimes tels que le végétarisme (sans viande ni poisson), le véganisme (sans aucun produit d’origine animale) et le flexitarisme (principalement végétal, avec une consommation occasionnelle de viande ou de poisson) sont considérés comme sains pour les athlètes de haut niveau, tout comme le « nutritarianisme » (limitation de certains glucides et des sucres, et éviction temporaire de la viande et des produits laitiers).

Endurance, force musculaire et résistance

Un régime végan offre plusieurs avantages aux sportifs. Tout d’abord, la consommation plus élevée de glucides typique des véganes assure une bonne réserve de glycogène dans les muscles, essentielle pour l’endurance et la force. Ensuite, un régime végan contribue à réduire le stress oxydatif (lésions cellulaires) et l’inflammation dans l’organisme. Ces changements favorisent une meilleure récupération et une amélioration des performances sportives.

Il est bien connu que notre alimentation influence les bactéries et les micro-organismes présents dans l’intestin, désignés collectivement sous le nom de « microbiote intestinal ». Ce microbiote intervient dans la réponse immunitaire, en particulier dans l’inflammation intestinale (réponse à diverses agressions au niveau de l’intestin), dans le métabolisme des lipides (notamment l’oxydation des graisses pour la production d’énergie), dans les processus de fermentation (dégradation des glucides et des protéines par les bactéries) et dans l’anabolisme (synthèse de nouvelles molécules, y compris des protéines, à partir d’unités plus simples). Les régimes véganes et végétariens peuvent influencer positivement l’équilibre du microbiote intestinal et, par conséquent, les mécanismes qui déterminent les performances sportives à long terme.

En mars 2023, une étude observationnelle a été publiée, comparant les apports nutritionnels en macro- et micronutriments de culturistes omnivores et véganes (Amatori, Callarelli et al., 2023). Pendant la phase de prise de masse musculaire (bulking), l’objectif principal est d’augmenter la masse musculaire. À ce stade, les culturistes accroissent leur apport en calories, en glucides et en lipides pour soutenir la croissance musculaire. L’étude a montré que les deux groupes obtenaient des résultats comparables en termes de gain de masse musculaire au cours de cette phase, indépendamment du type de régime (omnivore ou végan). Cependant, durant la phase de « définition » (cutting), qui précède la compétition et où l’objectif est de brûler la graisse accumulée tout en préservant la masse musculaire pour mieux mettre en valeur la définition musculaire, les athlètes véganes présentaient un apport protéique inférieur à celui des omnivores. Étant donné que les protéines sont essentielles à la réparation et à la croissance du tissu musculaire, il est crucial d’en assurer un apport adéquat. Il est donc recommandé aux culturistes véganes de se faire accompagner par un nutritionniste spécialisé pour s’assurer de maintenir la masse musculaire acquise pendant la phase de prise de masse.

Même si peu d’études ont analysé l’impact d’un régime végan sur les athlètes d’élite, les données actuelles n’indiquent pas que les athlètes véganes présentent des désavantages significatifs par rapport aux omnivores. De plus, certaines études suggèrent qu’un régime végan peut offrir des bénéfices spécifiques aux sportifs qui participent à des sports d’endurance et contribuer à la santé à long terme. Parmi les athlètes de haut niveau ayant adopté une alimentation végane ou végétarienne figurent l’ultramarathonien Scott Jurek, l’exceptionnelle coureuse de fond Fiona Oakes, les champions de tennis Venus Williams et Novak Djokovic, le pilote de Formule 1 Lewis Hamilton, l’alpiniste Kuntal Joisher et Patrik Baboumian, connu pour avoir été désigné comme « l’homme le plus fort d’Allemagne ».

De Alin Holban Bordeanu, médecin généraliste, spécialisé en radiologie et imagerie médicale, avec un intérêt particulier pour la radiologie cardiovasculaire et la neuroradiologie.
Source : https://st.network/health/plant-based-strength.html 
Traduction : Tiziana Calà

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