L’héritage d’un père

Par Adventiste Magazine

Ce qu’un homme laisse en ses enfants compte bien plus que ce qu’il laisse à ses enfants, car ce qu’il laisse à ses enfants peut être dépensé en un instant, mais ce qui est instillé en eux peut façonner l’histoire pendant des générations.

Le nom d’Abraham Lincoln est connu dans le monde entier. Il est considéré comme l’un des plus grands présidents des États-Unis pour l’influence positive qu’il a exercée durant une période sombre de l’histoire américaine. Mais le nom de Thomas Lincoln est pratiquement inconnu. Thomas était le père d’Abraham Lincoln.

Thomas naquit en 1778 dans le comté de Rockingham, en Virginie, aux États-Unis. Il mena une vie simple, travailla dur comme charpentier et agriculteur dans le comté de Hardin (Kentucky) puis à Little Pigeon Creek (Indiana). Il savait à peine lire, mais il encouragea toujours ses enfants à lire et à apprendre plus que lui. Durant les années passées dans le comté de Hardin, il fut un membre d’église actif et très impliqué dans sa communauté. Il servit comme juré, comme garde pour les prisonniers du comté, présenta une pétition pour la construction d’une route dans la ville et se déclara opposé à l’esclavage. Plus tard, lorsqu’il s’installa avec sa famille à Little Pigeon Creek, il aida à construire l’église baptiste, où il continua à servir comme membre et administrateur de l’église.

Un membre de la famille décrivit Thomas comme « l’un des meilleurs hommes qui n’aient jamais vécu. Un homme solide, honnête, craignant Dieu, respecté de tous ses voisins ». Beaucoup le décrivaient comme un homme de bonne humeur, patient et aimable, qui aimait tout le monde et toutes choses. Il était connu pour son « talent de conteur », avec « un vaste répertoire d’histoires et une inclination extraordinaire à divertir en filant des histoires ». Ces descriptions pourraient facilement s’appliquer à Abraham Lincoln lui-même, révélant ainsi la forte influence que le père exerça sur son éducation et son caractère.

Abraham Lincoln est connu pour son honnêteté, sa compassion et son intégrité ; son sens de l’humour et sa capacité à raconter des histoires sont renommés. Ces caractéristiques ne se sont pas développées dans le vide : l’influence de son père fut profonde et durable. Selon les mots d’un membre de la famille, Abraham « reçut de son père son sens de l’honnêteté, ses saines conceptions de la vie et son cœur compatissant ».

Si un père ne détermine pas entièrement ce que devient son enfant, il peut certainement contribuer à façonner ce qu’il ou elle choisira d’être.

La recherche

L’impact d’un père sur la réussite de ses enfants est largement reconnu par la recherche en sciences sociales. Lorsque les pères sont impliqués dans la vie de leurs enfants, les statistiques montrent que ceux-ci ont deux fois plus de chances d’aller au lycée ou à l’université, 80 % de risques en moins de finir en prison et 75 % de risques en moins de vivre une grossesse à l’adolescence. En outre, les pères engagés contribuent à de meilleurs résultats émotionnels, scolaires, sociaux et comportementaux. Les enfants dont les pères sont activement présents ont 43 % de chances en plus d’obtenir de bonnes notes à l’école et 33 % de risques en moins de redoubler une classe, par rapport à ceux qui n’ont pas leur père impliqué dans leur vie.

Il faut reconnaître que tous les pères ne peuvent pas être présents dans la vie de leurs enfants, en raison d’obligations professionnelles, de divorces ou de séparations, de la distance ou d’autres circonstances. Cependant, les recherches indiquent que la qualité de la relation père-enfant compte plus que le nombre d’heures passées ensemble. Même les pères qui ne vivent pas dans le même foyer que leurs enfants peuvent influencer positivement les résultats sociaux, émotionnels, scolaires et comportementaux de ceux-ci en leur consacrant du temps et de qualité à la relation, de manière intentionnelle. Les études suggèrent que l’absence émotionnelle est bien plus dommageable que l’absence physique.

Malgré cela, l’absence du père constitue un problème majeur dans notre société : elle est liée à 71 % des abandons scolaires au lycée, 90 % des enfants sans abri ou en fugue, et 63 % des suicides chez les jeunes.

Laisser un héritage positif à la prochaine génération ne demande ni de grande richesse, ni un haut niveau d’éducation, ni des exploits exceptionnels. Il suffit qu’une personne incarne des valeurs et des principes qui inspirent les autres à les suivre.

Une figure paternelle

La Bible offre de nombreux exemples sur la façon de guider les enfants de manière positive.

Dans le livre d’Esther, nous voyons l’impact puissant qu’a eu le rôle positif, presque paternel, d’un homme, non seulement sur une jeune fille, mais sur toute une nation.

Dans cette histoire, Mardochée manifeste 4 qualités clés d’une bonne figure paternelle.

Premièrement, Mardochée devient une source de protection et de soutien. Il choisit d’élever et de subvenir aux besoins de sa cousine Hadassa (le nom hébreu d’Esther) après la mort de ses parents, continuant à veiller sur son bien-être. Il agit avec sagesse pour la protéger à la cour du roi, où le fait d’être juif était dangereux, en lui demandant de changer de nom et de dissimuler ses origines.

Deuxièmement, Mardochée possède de forts principes moraux et a le courage de défendre ce qui est juste. C’est un homme bon qui choisit de faire ce qui est bien face à l’adversité, refusant de se prosterner devant Haman ou de l’adorer. Il dénonce également la corruption et des complots d’assassinat, au péril de sa propre vie. Il offre ainsi un modèle admirable de comportement et de principes à imiter. Il est écrit à propos de Mardochée, en Esther 10.3 : « Mardochée, le Juif, devint la personne la plus puissante du royaume, après le roi Xerxès. Il était honoré et aimé par tous les autres Juifs. Il travailla pour le bien, la sécurité et la paix de son peuple ». En défendant ce qui est juste dans les moments difficiles, Mardochée a gagné le respect et l’admiration de tous.

Troisièmement, Mardochée pousse Esther à agir en accord avec sa foi. Lorsque Esther doit se présenter devant le roi, il ne cède pas à ses peurs ni à ses insécurités, mais l’exhorte à les surmonter et à voir plus grand.

Enfin, Mardochée oriente Esther vers Dieu. Même si Dieu n’est pas mentionné explicitement dans le livre d’Esther, la réponse de Mardochée révèle où était enracinée sa foi. Esther 4.14 dit : « Si tu te tais dans les circonstances présentes, penses-tu que les Juifs seront sauvés en recevant de l’aide d’ailleurs ? Non, toi et ta famille vous mourrez. Mais qui sait ? Peut-être est-ce pour faire face à une telle situation que tu es devenue reine ». Mardochée a la certitude que Dieu délivrera son peuple du décret d’extermination, avec ou sans l’action d’Esther. Il l’encourage à faire confiance au fait que Dieu se servira d’elle et de sa position pour accomplir ses desseins.

À la suite de l’influence de Mardochée sur sa cousine Esther, les Juifs de tout l’empire perse furent sauvés d’un décret de mort, et la fête juive de Pourim fut instituée, fête qui est encore célébrée aujourd’hui (voir Esther 9.20-28).

Les pères et les figures paternelles peuvent laisser un héritage qui perdure pendant des générations. Choisissons-nous d’être des exemples d’influence paternelle conduite par Dieu, afin de bénir et d’inspirer les autres à rechercher la véritable grandeur ? Le choix nous appartient.

De Olivia Fairfaxassistante de rédaction à Adventist Record
Source : https://record.adventistchurch.com/2025/08/29/leaving-a-fatherhood-legacy/ 
Traduction : Tiziana Calà

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