Deux missionnaires adventistes rentrent en Suisse à cause de la guerre au Moyen-Orient

Par Adventiste Magazine

Aline et François* ont connu Christ et son message en Suisse, peu de temps après leur mariage. Baptisés le même jour, leur soif de servir Dieu n’a jamais cessé de grandir, au point de les amener à quitter leur vie stable et confortable pour devenir missionnaires dans une des zones où l’Évangile est le plus difficile d’accès, le Moyen-Orient. 

À l’été 2025, dans le cadre du plan de déploiement de missionnaires de la Conférence générale et soutenus par la Division intereuropéenne, ils ont déménagé au Moyen-Orient**, qui fait partie de la fenêtre 10/40.

L’objectif de la mission est clair. L’enjeu est évident. Les moyens sont limités et les risques, quant à eux, se révèlent énormes. En effet, bien que leur nouveau pays de résidence ne soit par la nation la plus réfractaire au christianisme, la discrétion et le respect des lois locales sont indispensables. La présence d’églises chrétiennes en son territoire est tolérée, mais l’évangélisation totalement interdite. Citer le nom de Jésus peut se révéler dangereux en fonction de la personne que vous avez en face de vous. Ainsi la mission d’Aline et François de proclamer la Bonne nouvelle parmi la population majoritairement musulmane requiert non seulement une grande foi mais aussi une stratégie complétement différente de ce qu’ils ont pu expérimenter en Europe. L’un des moyens mis à leur disposition est le temps, car il ne faut pas espérer arriver et révolutionner le pays en quelques mois, comme cela est possible dans d’autres contrées plus ouvertes à la Bible. D’où leur engagement de plusieurs années sur le territoire. Cela englobe une période d’adaptation aux us et coutumes du pays, l’apprentissage des rudiments de la langue, une intégration dans un paysage socio-culturel nouveau, un tissage d’amitié (ou tout du moins de rapports de confiance) avec les locaux, l’implantation d’un projet au service des habitants et, on l’espère, par la grâce de Dieu, ensuite viendra la récolte !

Installés depuis quelques mois seulement, Aline et François sont impatients de se lancer dans un projet d’envergure. Ils parlent quelques mots d’arabe. Aline a acheté son abaya et François son thobe, vêtements traditionnels locaux. Ils ont commencé à échanger avec quelques commerçants du quartier. Ils ont fait connaissance avec l’église locale. Ils se sont liés d’amitié avec d’autres missionnaires chrétiens, installés depuis plus longtemps, et qui ont déjà mis en place un projet auprès des enfants d’une ville modeste du pays. La machine était lancée… jusqu’au samedi 28 février où la vie du Moyen-Orient a basculé.

Le pays est une victime collatérale du conflit qui oppose les États-Unis d’Amérique et l’Iran. Le 28 février, en plein milieu du service de culte, les membres d’église (au même titre que tous les résidents) ont reçu une alerte sur leur téléphone leur indiquant une attaque par missiles et l’ordre de se réfugier à domicile. Pas le temps d’écouter la prédication, tous se sont exécutés. En quelques minutes, les rues se sont vidées, les magasins ont été dévalisés et le silence s’est installé. Silence interrompu par le bruit de missiles interceptés et d’explosions en plein vol.

Depuis, et jusqu’à la date de rédaction de cet article, les attaques n’ont pas cessé. Des structures clés ont été touchées, tout comme des civils. Parmi eux, plusieurs blessés et même des morts. La vie est en suspens. Mais heureusement, Aline et François sont restés calmes et confiants.

Rapatriés en Europe depuis quelques jours, nous avons réussi à contacter Aline et François qui ont accepté de répondre à nos questions. Pour lire l’interview intégrale, cliquez ici.

En attendant, on ne peut fermer les yeux sur l’escalade qu’est en train de connaître ce conflit. Nulle intention de lancer un débat sur l’aspect géopolitique de la situation. L’appel est à se mettre en prière pour la protection des civils, leur intégrité physique et morale… toutes les populations impliquées, quelles que soient leur positionnement dans cette guerre, de gré ou de force.

Bien que cela puisse paraître dérisoire de demander l’intervention de Dieu dans un conflit de telle envergure, lancé par des personnes qui ne paraissent absolument pas sensibles à la voix de Dieu, et que rien ne semble pouvoir arrêter, la prière est une invitation biblique :

« Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. » Romains 12.12

De tous temps, des nations ont crié à Dieu en temps de guerre. La Bible nous le prouve. Alors que le peuple juif était soumis à un décret de mort, la prière et le jeûne de la reine Esther et de tout le peuple, ont inversé la tendance. Dieu n’a pas changé. Il est le même hier, demain et aujourd’hui. Il est certain qu’Il entendra nos demandes et interviendra de la meilleure manière en faveur de Son peuple, indépendamment de la taille de l’adversaire ou même de notre compréhension limitée. L’appel est à être patient et à prier. La réponse appartient au Roi de l’univers. Faisons-lui confiance.

* Noms d’emprunt pour une question de sécurité
** Pour des questions de sécurité, il n’est pas possible de citer la localisation exacte

De Adventiste Magazine

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